logo

Les Films



Archives

Le client

Media

Réalisation : Asghar Farhadi
Acteurs: Shahab Hosseini, Taraneh Allidousti, Babak Karimi

Oscar 2017 du meilleur film étranger
Festival de Cannes 2016 : Prix du scénario – Prix d’interprétation masculine  

Le film

À mi-chemin entre le thriller psychologique et la chronique sociale

Certaines fissures sont apparentes, ainsi celles qui signalent que l’immeuble où vivent Emad et Rana menace de s’effondrer. Mais d’autres sont invisibles. Elles sont les premiers indices d’une catastrophe possible. Ce sont elles qui intéressent Asghar Farhadi.

Emad (Shahab Hosseini) et Rana (Taraneh Alidoosti) travaillent dans le domaine de la culture et collaborent à une troupe de théâtre qui répète une adaptation (visée par la censure du ministère de la culture et de l’orientation islamique) de Mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller. Il joue Willy Loman, l’homme défait par la compétition économique, elle est Linda, l’épouse impuissante à prévenir la destruction de son mari.

À propos de destruction, l’immeuble dans lequel vit le couple est évacué après que des fissures provoquées par des travaux voisins l’ont rendu inhabitable. Avec l’aide d’un ami, Emad et Rana trouvent un appartement dont une pièce est condamnée, encore pleine des affaires de la précédente locataire, dont on apprendra qu’elle était « de mœurs dissolues ». Le titre du film tient à la position sociale du protagoniste autour duquel tourne la seconde moitié du film, vendeur de profession, client de la prostituée qui occupait l’appartement du jeune couple - en persan et en anglais, le film s’appelle « Le vendeur ». Un soir, Rana est agressée dans l’appartement mais elle refuse de porter l’affaire devant la police et la justice. Son mari mène l’enquête afin de se faire juge et bourreau.

Cet aperçu incomplet de la trame du Client donne une idée de la charge symbolique qu’elle doit supporter. « Les non-dits, les questions d’humiliation privée et publique, la justice, la morale et la recherche de la vérité sont des questions qui ont souvent intéressé Asghar Farhadi. Mais plus encore qu’une histoire de vengeance et de la fine ligne séparant l’honnête homme du salaud, Le Client est le récit d’un couple en crise, un drame domestique dont on mesure l’écho avec l’état de son pays. De l’immeuble instable à la pièce pleine de souvenirs dont on voudrait se débarrasser, de la séquence de l’agression à l’enquête solitaire, les éléments renvoient à la fois à l’état de la société iranienne telle qu’Asghar Farhadi la dépeint - hypocrite, faussement policée, violente en fait - et à la difficulté qu’il y a de le traduire en images de cinéma. Téhéran, tout à ses changements modernes, son urbanisation explosive, tremble dans ses fondations anciennes et c’est la société iranienne même qui s’en trouve ébranlée et vacillante. Les hommes debout y avancent dans l’incertitude des bouleversements en cours et à venir, en même temps que les enserrent les interdits puritains de ses fondements religieux et conservateurs. Dans le film, tout est affaire d’ellipse, de contournement des contraintes, au point que le jeu avec la censure se confond avec le récit : ce bandage qui cache les cheveux de Rana, par exemple, est-il là pour échapper un instant au foulard qu’imposent à l’écran les règles du ministère de l’orientation islamique ou pour dire le trouble extrême dans lequel est jetée la jeune femme ? » (Le Monde)

Le réalisateur

Le scénariste et réalisateur iranien Asghar Farhadi est né en 1972. Après des études de théâtre à l’Université de Téhéran, il fait ses débuts au cinéma en tournant des courts métrages avant d’entamer l’écriture de pièces de théâtre et de scénarios pour la télévision iranienne IRIB. Il réalise également des séries télévisées documentaires. En 2007, le public européen découvre son œuvre avec La Fête du feu. En 2009, il reçoit l’Ours d’argent du meilleur réalisateur au Festival de Berlin pour le film À propos d’Elly qui lui assure un succès public et critique. En 2011, il revient sur le devant de la scène avec Une Séparation qui remporte plusieurs récompenses dont le César du meilleur film étranger, l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, l’Ours d’or et l’Ours d’argent de la meilleure actrice et du meilleur acteur pour tous les comédiens au Festival de Berlin. Le Passé, tourné en langue française, remporte le César du meilleur film, du meilleur réalisateur et de la meilleure actrice 2013. À sa sortie en Iran en 2016, le dernier long métrage d’Asghar Farhadi, Le Client,a été honni par les conservateurs et encensé par le public.

PMP