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Cherchez la femme

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Réalisation : Sou Abadi
Acteurs: Félix Moati, Camélia Jordana, William Lebghil, Anne Alvaro

Le film

Un regard burlesque sur l’islamisme radical

Le film de la réalisatrice iranienne Sou Abadi démarre comme un drame familial et social : Armand (Félix Moati) et Leila (Camélia Jordana), tous deux étudiants à Sciences Po, projettent de partir ensemble à New York pour accomplir leur stage de fin d’études aux Nations Unies. Mais Mahmoud (William Lebghil), le frère aîné de Leila, revient d’un séjour au Yémen qui a fait de lui un islamiste radical. Bien décidé à imposer son idéologie, il s’oppose à la relation amoureuse de sa sœur et l’éloigne d’Armand en la séquestrant à la maison. Jusque-là, le ton est donné. Mais le film va prendre tout à coup une autre direction, moins attendue et plus comique… 

Premier long métrage de Sou Abadi, Cherchez la femme traite d’un sujet d’actualité, la radicalisation religieuse, qui s’avère être un défi pour qui veut s’en emparer, de surcroît si c’est pour en faire une  comédie où satire grinçante et comique de situation ont la part belle.  « La réalisatrice évite savamment tous les écueils liés à son sujet par la profonde connaissance qu’elle en possède : elle le maîtrise suffisamment pour ne s’embarrasser d’aucune précaution qui viendrait jouer contre la drôlerie du film. C’est même le contraire, le film semble s’amuser d’être à ce point sur la corde raide, et par un savant jeu d’équilibriste, évite la caricature autant que le simplisme moralisateur. 

Toute une galerie de personnages s’agence autour du couple principal, chacun ayant un rapport particulier à l’islam, qui vient étoffer le propos de la réalisatrice contre l’islamisme radical et pour l’émancipation de la femme : les parents d’Armand, militants politiques iraniens, les amis radicalisés de Mahmoud, plus ridicules qu’inquiétants, les réfugiés qui enseignent les dogmes de l’islam. Le dénouement, burlesque et ingénieux, confirme la qualité d’écriture de cet étonnant vaudeville politique […] Sa structure formelle est parfaitement maîtrisée, tant au niveau du jeu des acteurs que dans la construction du récit. » (Le Monde)

« La tentation intégriste, les attentats terroristes, l’obscurantisme guerrier de Daech ont contribué à faire de la religion des 1001 Nuits un spectre monumental. Cherchez la femme a l’immense mérite de désacraliser les crispations idéologiques, de relativiser les dérives fondamentalistes, de capter la touche grotesque inhérente à toute forme de dogmatisme […] La cinéaste rappelle que le rire tue la peur. » (Le Temps)

La réalisatrice

Née à Téhéran, Sou Abadi est arrivée en France à l’âge de 15 ans après avoir grandi sous deux dictatures. Elle a abordé le cinéma par le biais du montage, puis la réalisation de documentaires. En 2001, dans son documentaire SOS Téhéran, elle brossait le portrait d’une société en pleine mutation, entre crise économique, interdits et renouveau. Le film a été salué comme l’un des documentaires les plus audacieux sur la société iranienne. En 2012, après avoir développé plusieurs projets de documentaires, elle décide de se lancer dans l’écriture de sa première fiction, Cherchez la femme, qu’elle qualifie de « film politique ». « J’avais envie d’aborder ce sujet de l’extrémisme, de l’obscurantisme, de l’intégrisme, de la violence qu’une religion peut engendrer quand elle devient un étendard politique. Je suis d’origine iranienne, j’avais 10 ou 11 ans quand la révolution en Iran a eu lieu, 15 ans quand j’ai quitté mon pays. Pendant quatre ans, j’ai vécu le régime islamique, les restrictions vestimentaires, l’éducation religieuse obligatoire, et toutes ces lois fondées sur l’interdit ont bercé mon adolescence. »

PMP